L’éducation aux médias: une formation essentielle

L’éducation aux médias: une formation essentielle

Alors que l’actualité regorge de sujets amenant leur lot d’inquiétudes et que l’information voyage de plus en plus vite, tous les panélistes invités par le CQÉMI à la discussion virtuelle « L’éducation aux médias à l’heure des grands bouleversements », le 4 mai 2022, s’entendent : l’éducation aux médias est plus importante que jamais.

 

L'éducation aux médias serait l’une des méthodes les plus efficaces pour réduire le stress que peut susciter l'actualité, estiment les quatre panélistes, basés en France et au Québec.

Le directeur délégué aux relations avec les lecteurs du journal français Le Monde, Gilles Van Kote, fait remarquer que lorsque les sujets d’actualité sont anxiogènes, il est normal que lire les nouvelles le soit aussi. La vitesse à laquelle les nouvelles paraissent amplifie ce stress : « Ce n’est pas l’actualité qui a accéléré, ce sont les outils de traitement de l’actualité », note Gilles Van Kote. Il précise que différentes astuces, comme prendre un pas de recul vis-à-vis l’actualité, s’offrent aux lecteurs qui veulent minimiser cette anxiété.

 

Consulter des médias qui vulgarisent les sujets chauds peut également s’avérer sécurisant, rappelle la directrice du département des contenus jeunesse des Coops de l’information, Ève Tessier-Bouchard. « Oui, l’actualité est anxiogène, mais ce qui est encore plus angoissant, c’est quand on ne comprend pas, quand on se fait bombarder de choses, mais qu’on n’a pas la base pour comprendre », estime-t-elle. D’ailleurs, les Coops de l’information lanceront à l’automne 2022 Les as de l’info, une plateforme numérique vulgarisant l’actualité pour les jeunes de 8 à 12 ans.

 

Le rôle de l’éducation aux médias

Les panélistes notent à plusieurs reprises durant la discussion d’une heure et demie animée par André Lavoie l’importance de l’éducation aux médias d’information dans les établissements scolaires. Toutefois, le manque de formation sur le sujet s’avère parfois handicapant pour les enseignants. « Les professeurs bricolent, tâtonnent, s’autoforment, ou bénéficient parfois de formation comme celle du CLEMI […], mais dans les faits, il y a une très forte disparité de formation », déplore la coordonnatrice académique du CLEMI, Karen Prévost-Sorbe.

 

Alexandre Chenette, conseiller pédagogique en Éthique et culture religieuse (ECR) et en  Citoyenneté à l’ère du numérique au Réseau éducation collaboration innovation technologie (RÉCIT), se désole lui aussi du manque d’encadrement fourni aux enseignants : « On ne parle pas d’éducation aux médias dans leur formation initiale, et une telle formation, c’est très long à changer comme formation. Une chance qu’il y a des organismes et des projets comme Le Curieux, la formation #30secondes, l’Agence-Science-Presse, Les Décrypteurs, CIVIX, etc. ».

 

Un travail de longue haleine

La refonte du cours d’ECR – qui s’appellera désormais Culture et citoyenneté québécoise – pourrait ouvrir la porte à plus d'éducation aux médias et à l'information dans les écoles québécoises. Par ailleurs, Alexandre Chenette soulève l’importance que des spécialistes de l’éducation aux médias soient impliqués dans la refonte de ce cours, et que ce dernier soit donné dans les écoles primaires et secondaires de la province. 

Considérant que la complexité du monde actuel augmente la difficulté de bien s’informer, Karen Prévost-Sorbe estime, elle aussi, qu'on devrait accorder plus de temps à cette matière tout au long du parcours scolaire, voire au-delà. « L’éducation aux médias d’information, ce n’est pas que réservé aux jeunes : c’est une formation tout au long de la vie », précise-t-elle.

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