Pleins feux sur le REFEMI : À la rencontre de Patrick Verniers

Pleins feux sur le REFEMI : À la rencontre de Patrick Verniers

 

Au cours de l’année 2026, découvrez les organisations fondatrices européennes et africaines qui composent le Réseau francophone d’éducation aux médias et à l’information (REFEMI) à travers les propos d’un de leurs représentants. Ce mois-ci : Patrick Verniers, directeur d’appui du Conseil supérieur de l’éducation aux médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles (CSEM), attaché au ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et ancien maître de conférences à l’Université catholique de Louvain.

 

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à vous impliquer en éducation aux médias et à l'information (ÉMI)?

A l’instar du célèbre Obélix, je suis tombé dans la marmite de l’ÉMI très jeune. Dès l’âge de 15 ans, au début des années 1980, une enseignante m’a éveillé à l’actualité et à l’information à travers des activités liées à l’analyse critique de la presse, via des visites de médias et des rencontres avec des journalistes.  

Élève assez moyen, soudainement j’ai pu exercer mon esprit critique et être reconnu à travers cela, que ce soit par mes pairs ou par l’école. Cette prise de conscience précoce des enjeux fondamentaux de l’ÉMI a constitué le fil rouge de mes (presque) 40 ans de carrière professionnelle, dédiée complètement à l'ÉMI : de l’animation jeunesse à l’enseignement supérieur, en passant par la formation des enseignants et des adultes, ainsi que la création de ressources ou le travail de sensibilisation politique. 

J’appartiens à cette génération de pionniers de l’ÉMI qui n’ont eu de cesse de développer, structurer, créer un mouvement et faire reconnaître l’ÉMI comme une éducation citoyenne fondamentale, liée à la survie de nos démocraties.

 

Quels sont les plus grands défis actuels de votre organisation?

Le CSEM est face à d’énormes attentes, et doit relever trois grands défis. D’abord, celui de répondre à l’urgence par l’éducation, alors que développer des stratégies demande du temps pour en observer ses effets dans la société. Une posture citoyenne est également essentielle pour éviter de tomber dans les discours anxiogènes. Et finalement, nous devons généraliser l’ÉMI tant à l’école que dans la société, et ce, tout au long de la vie. Comment utiliser les moyens dont nous disposons pour avoir un effet démultiplicateur le plus efficace? Comment réussir à impliquer et faire collaborer tous les acteurs concernés? L’évolution rapide des usages médiatiques et des pratiques d’information pose de grands défis, tout comme la présence des réseaux sociaux et aujourd’hui de l’intelligence artificielle.

 

Quelle réalisation fait votre fierté et celle de votre organisation?

Le CSEM organise depuis trois ans une Semaine de l’éducation aux médias dans les écoles et les lieux relevant du secteur de la jeunesse. Cette opération a pour objectif d’initier et de stimuler des projets d’éducation aux médias avec des enfants et des jeunes. En 2025, ce sont plus de 230 activités touchant près de 5000 jeunes qui ont été organisées : ateliers d’analyse critique et de création de médias, rencontre avec des journalistes professionnels, conférences, animations, séances cinématographiques, visite de médias, etc. Ce sont autant d’occasions de rendre l’ÉMI plus accessible, mais aussi de mobiliser tous les acteurs concernés : journalistes professionnels, médias, associations spécialisées, organisations de jeunesse, écoles, acteurs culturels, etc. Cet événement rencontre un succès grandissant auprès de tous les publics au point qu’en quelques heures, toutes les activités proposées sont réservées. 

 


Le REFEMI en bref

Le 3 octobre 2024 lors du XIXe Sommet de la Francophonie à Villers-Cotterêts, en France, sept organismes d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du Nord voués à l’éducation aux médias et à l’information (EMI) ont fondé le REFEMI. Il s’agit du Centre de liaison de l’enseignement et des médias (CLEMI, France), la Conférence intercantonale de l’instruction publique et de la culture de la Suisse romande et du Tessin (CIIP, Suisse), Les Bénévoles de l’EMI (Côte d’Ivoire), Polaris association (Sénégal), le Conseil supérieur de l’éducation aux médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles (CSEM, Belgique), Eduk-Média/CREMI (Cameroun), et le Centre québécois d’éducation aux médias et à l’information (CQÉMI).

Les sept organismes poursuivent quatre grands objectifs : la formation des formateurs en EMI; la production de ressources pédagogiques; la recherche et le partage d’expertises; le développement de la gouvernance de l’EMI dans l’espace francophone.

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