Au cours de l’année 2026, découvrez les organisations fondatrices européennes et africaines qui composent le Réseau francophone d’éducation aux médias et à l’information (RÉFÉMI) à travers les propos d’un de leurs représentants. Ce mois-ci : Abdellatif Bensfia, directeur de l’Institut supérieur de l’information et de la communication, à Rabat, au Maroc, et docteur en sociologie de l’information et de la communication de l’Université Denis Diderot Paris VII. Auteur de plusieurs travaux de recherches et d’articles portant sur les médias et la communication, il est également directeur de la Chaire UNESCO « Médias, Communication et Culture de la Paix à l’ère Numérique ».
Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à vous impliquer en éducation aux médias et à l'information (ÉMI)?
Mon implication en ÉMI découle principalement de ma formation en journalisme et de ma compréhension approfondie des médias. Depuis près de deux décennies, je m’intéresse activement à ce domaine de recherche. L’ÉMI est ensuite devenue mon champ d’action sur le terrain grâce à mon adhésion aux associations éducatives de la société civile marocaine, facilitée par mon rôle d’enseignant des médias et de communication. Enfin, je me sens responsable d’agir auprès de mes concitoyens. Je suis convaincu de l’impact positif de l’ÉMI sur les jeunes, non seulement en termes de protection, mais surtout dans la formation de leur personnalité et l’expression de leur citoyenneté.
Quels sont les plus grands défis actuels de votre organisation?
Les principaux défis auxquels notre organisation est confrontée résident dans l’insuffisance de nos actions face à l’ampleur quotidienne des évolutions des usages inappropriés des médias sociaux. Nous aspirons à des changements significatifs dans les pratiques informationnelles des jeunes et des adultes. Nous souhaitons qu’ils apprennent à gérer leur distance et leur temps d’exposition aux médias, notamment sociaux. Il est essentiel qu’ils comprennent que les médias sociaux constituent une extension de leurs voix et de leurs opinions dans l’espace public, et qu’ils représentent un moyen de participation démocratique dans une société aspirant à un avenir meilleur.
Décrivez une réalisation qui fait votre fierté et celle de votre organisation.
Parmi les projets novateurs qui nous rendent fiers et qui sont en cours de développement, je mentionnerais la création d’une plateforme numérique accessible aux parents, aux enseignants, aux éducateurs et aux différentes catégories de jeunes. Cette plateforme servira de référence pédagogique pour les usages et les expositions aux médias traditionnels et nouveaux. Notre objectif est de convaincre les jeunes et leurs familles d’utiliser les médias de manière responsable et éclairée.

Le RÉFÉMI en bref
Le 3 octobre 2024 lors du XIXe Sommet de la Francophonie à Villers-Cotterêts, en France, sept organismes d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du Nord voués à l’éducation aux médias et à l’information (ÉMI) ont fondé le RÉFÉMI. Il s’agit du Centre de liaison de l’enseignement et des médias (CLEMI, France), la Conférence intercantonale de l’instruction publique et de la culture de la Suisse romande et du Tessin (CIIP, Suisse), Les Bénévoles de l’EMI (Côte d’Ivoire), Polaris association (Sénégal), le Conseil supérieur de l’éducation aux médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles (CSEM, Belgique), Éduk-Média/CREMI (Cameroun), et le Centre québécois d’éducation aux médias et à l’information (CQÉMI, Québec). En juin 2026, le Centre de recherches et d’éducation aux médias (CREM, Maroc) a rejoint les rangs du RÉFÉMI.
Depuis sa fondation, le réseau est soutenu financièrement par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Agence française de développement médias (CFI). Tous les membres poursuivent quatre grands objectifs : la formation des formateurs en ÉMI; la production de ressources pédagogiques; la recherche et le partage d’expertises; le développement de la gouvernance de l’ÉMI dans l’espace francophone. Depuis 2025, le réseau a également produit le premier référentiel de compétences pour les formateurs francophones en ÉMI et initié un premier cycle de formation de formateurs en ÉMI.

